PHILOSOPHIE & CREATIONS LITTERAIRES

LOAC MATEO

Philothérapie, Article V : Platon et l’amour : la recette du Bonheur pour la St Valentin !

Posté par LOACMATEO le 9 février 2010

Bientôt arrive le jour de la Saint Valentin. Il aurait pu être question de revenir sur cette tradition en l’analysant et/ou la critiquant mais ce ne serait que participer d’un débat futile entre célibataires et couples au sujet de cette fête. Il est bien plutôt préférable de se demander ce qu’est l’amour, essence même de cette célébration. Ainsi, les célibataires pourront mieux vivre leur « solitude » et quête de bonheur, et les couples comprendront et vivrons encore mieux leur bonheur.
Pour ce faire, nous analyserons la conception platonicienne de l’amour, concept central de son esthétique et de sa métaphysique. Je commencerai donc par revenir à sa critique de l’art pour mieux comprendre sa vision de la beauté, c’est-à-dire son utilité dans la recherche de ce qui est vrai, de ce qui est bon et de fait, de ce qu’il est préférable d’aimer. Nous entrerons donc dans son concept d’amour au sein d’une relation charnelle pour nous diriger vers sa métaphysique avec la contemplation des Idées en lien avec l’importance de chérir l’être aimé.
L’objectif sera aussi pour moi de montrer un autre aspect de la philosophie. Il ne faut pas non plus oublier que cette discipline n’est pas qu’une science, elle n’est pas qu’amour de la connaissance. Elle a aussi pour dessein de tendre vers le bien-être, profiter de la vie et des choses sensibles pleinement, avec mesure et équilibre. La philosophie ne doit pas être considérée comme un régime mais bien plutôt comme une hygiène de vie.

Ainsi revenons à la critique platonicienne de l’art. Avec Platon, il est possible de penser que c’est le moment où nait la philosophie. Et elle se pose en s’opposant à l’art, à tous ceux qui ont pour activité l’imitation, notamment et comme nous le savons les sophistes (Cf. Protagoras). Pour Platon, il y a ce que nous pouvons appeler des degrés d’être. Par exemple si l’on prend un bâton et qu’on le place au dessus d’une étendue d’eau ce dernier se reflètera. Ce reflet ne sera pas l’objet, c’est évident. Cependant on ne peut pas dire qu’il n’y a rien à le surface de l’eau. Il y a bien quelque chose, quelque chose qui ressemble au bâton mais qui n’est pas le bâton lui même. Platon parle d’eidolon, (Cf. Sophiste, 240 a-d). L’eidolon signifie « image ». Le reflet est l’image du bâton lui-même. Il fait ici remarquer que bien qu’il ne soit qu’une image du bâton, le reflet « est ». Il n’est pas rien, il est une image. De fait son « être » est moins important que l’ « être » du bâton. Autrement dit le bâton est plus que le reflet, l’image. L’imitation est donc le degré ontologique (d’être) le plus bas, le moins véritable. C’est en cela qu’il y a des degré d’être chez Platon. Par suite, les choses sensibles tel que le bâton sont à leur tour l’image des Idées auxquelles ils participent. Ainsi, l’ensemble de la réalité se pense en terme de mimétique. Les artistes font ce que fait l’eau pour le bâton, ils imitent les choses. Et Platon les critique par ce qu’ils prétendent dépeindre la réalité, les choses elles-mêmes. Ce ne sont que des eidolon qui possèdent un faible degré de vérité. Les sophistes sont les plus grands adversaires car leur essence même est l’imitation, elle est comme fuyante. Le sophiste est celui qui, par simple usage du langage, de la rhétorique peut se faire passer pour ce qu’il n’est pas, par exemple un médecin, un sage ou encore un politicien. Ils imitent les discours sans pour autant posséder le savoir effectif qui leur correspond. Notons que c’est cela que combat Socrate dans les dialogues de Platon, avec la fameuse dialectique socratique. Les imitateurs imitent donc les choses sensibles. Ces dernières sont le reflet de l’idée que possèdent les hommes, par exemple dans la construction d’un lit. La chose sensible est crée à partir de l’idée de lit que possède l’artisan. Le lit sensible ne sera donc que le reflet moindre de l’idée de lit. Il en va de même pour l’idée de lit dans sa participation à l’Idée ou Forme, c’est-à-dire le lit en soi. Le lit sensible sera à son tour le reflet de l’Idée de lit. (Cf; La République, Livre X)
Ceci est la vision la plus courante qu’il est possible de trouver de l’esthétique platonicienne dans les commentaires et cours de lycée. Cependant une dimension importante peut éclairer cette conception quelque peu étroite de l’esthétique platonicienne. Pour entrer dans cet aspect plus subtil de sa pensée, nous allons nous tourner vers deux de ses dialogues, le Banquet et le Phèdre qui traitent tous deux de l’amour. Nous allons surtout nous référer au Phédre.
L’amour le plus élevé est comme il est possible de s’en douter celui des Idée, dans la contemplation de ces choses en soi. Par le parcours du philosophe, la dialectique socratique, il est possible de remonter à ces Idées par degré à partir des choses sensibles (Cf. Allégorie de la caverne, République, Livre VII). Ce monde des choses en soi est ce vers quoi notre âme doit tendre, car ces Formes sont ce qu’il y a de plus beau à contempler, et par là ce qu’il a de plus suprême à aimer. Il ne faut cependant pas penser qu’il faut renoncer définitivement au monde sensible. A partir du paragraphe 246 a du Phèdre, Socrate expose un mythe racontant ce qu’il advient de l’âme quand la mort la délivre du corps qui l’emprisonnait dans le monde sensible avec sa corruption et ses illusions. Elle arrive aux portes de ce monde des idées et ne peut pas y accéder. Dans ce cas elle retombe dans le monde sensible en perdant ses ailes et oubli ce qu’elle a contemplé, la beauté infini des Formes substantielles, de tout ce que l’on peut trouver dans le monde sensible y participant. En retombant et se réincarnant, l’âme oubli ce qu’elle a vu et n’en garde que des traces, les idées des choses sensibles. Le but de l’Homme est donc de retrouver ce qui est caché en lui, dévoiler ce qui est dissimulé ; la vérité. En grec la vérité se dit aléthéia, ce qui est voilé, ce qui est couvert. Il s’agit donc de découvrir. Et nous commençons ce processus de remonté par degré par les choses sensibles et leurs imitations. Nous apprenons ces choses sensibles justement par l’imitation par exemple au travers de l’éducation. Ensuite il faut effectuer ce travail de philosophie pour s’élever encore vers les Formes intelligibles. Il s’agit donc d’un travail de ressouvenir. L’âme oubli les choses elles-mêmes, les choses absolument véritables et n’en garde qu’un souvenir caché en soi dans sa réincarnation sensible en l’Homme. Et l’amour des belles choses, l’amour des choses sensibles est ce qui permet de se rappeler de cet oubli. L’amour est l’expression d’un manque. Dans l’être aimé, il y a quelque chose de convoité bien plus grand que l’être lui-même. L’amour des belles choses est donc le lien entre le monde sensible et le monde intelligible, noûs en grec, partie de l’âme capable de voir les choses en soi. Il y a ainsi deux façons de considérer le monde, deux regards, celui des yeux du corps face au lieu sensible et celui des yeux de l’âme, le noûs pour le lieu intelligible des Idées. La vue est la plus aigüe des sensations nous dit Platon. Le thème du regard et de la vision est donc central dans la métaphysique platonicienne. Et les choses sensibles font parties de ce processus d’élévation de l’âme.

Contrairement à ce que l’on pense et comme je l’ai annoncé en introduction, la philosophie n’est pas un régime, ce n’est pas une privation. Il faut aimer les choses sensibles pour aimer les choses intelligibles. C’est en cela que tient l’équilibre d’une vie bonne, d’une vie heureuse. A mon sens, le philosophe ne doit pas être uniquement celui qui vit dans le monde de l’abstraction, le monde des idées pour atteindre la vérité. La vérité aussi s’éprouve dans le monde sensible et plus particulièrement dans la relation amoureuse. Aimer l’autre n’est pas une mauvaise chose en soi mais simplement d’un degré moindre que l’amour des Formes intelligibles. C’est en cela que le Phédre est une œuvre splendide. Elle inscrit le philosophe dans le monde sensible, dans la société, ce que nous partageons en commun. Et ce sans altérer sa démarche scientifique de recherche de la vérité.
Toujours dans le Phèdre et le mythe que Socrate conte, il est justement question de cet équilibre. Notre âme est représentée par un attelage de deux chevaux dont un a une bonne excellence et l’autre une mauvaise. Le bon cheval possède l’honneur avec tempérance et réserve et le mauvais aime la démesure et la vantardise. Si l’homme retient fermement les ardeurs du mauvais cheval nous dit Socrate, chaque vu de la ou du chéri se fera de plus en plus intense jusqu’à le suivre plein de crainte et de réserve, ne s’exposant pas ainsi à « l’aiguillon de la passion ». Et c’est au lit que le mauvais cheval est récompensé. Nous retrouvons bien cet équilibre, cette mesure dans la conduite du philosophe pour tendre au bonheur le plus complet, véritable et entier. Avant de conclure, je l’illustrerai en citant un passage du Phèdre, de la fin du paragraphe 255e jusqu’au paragraphe 256b :

« […]il désire voir, toucher, chérir, être couché avec lui. Et c’est vraisemblablement ce que très bientôt il fait ensuite ! Lorsqu’ils sont au lit ensemble, le cheval indiscipliné de l’amoureux parlemente avec son cocher et estime qu’il devrait, en compensation de tant de peines endurées, recevoir une petite récompense. Quant à celui du chéri, il ne sait pas quoi dire, mais, gonflé de désir et sans comprendre son état, il enlace son amoureux et lui témoigne de l’affection en le caressant, comme quelqu’un qui aurait beaucoup de bienveillance envers lui. Lorsqu’ils sont étendus l’un près de l’autre, il est prêt pour sa part à ne pas refuser ses faveurs à son amoureux, si celui-ci les lui demande. En revanche, le compagnon d’attelage et le cocher opposent à cela la résistance de la raison et de la réserve. Si les éléments les meilleurs de l’âme remportent la victoire et conduisent à une vie réglée et à la philosophie, c’est dans le bonheur et dans la concorde qu’ils passent leur vie : maîtres d’eux-mêmes et de mœurs réglées, ils ont réduit en esclavage ce qui enveloppe la méchanceté en l’âme et libéré ce qui lui confère l’excellence. »

Nous pouvons ainsi constater que la pensée de Platon est loin d’être dépassée mais bien au contraire les questions qu’elle soulève sont toujours au cœur de ce que nous pouvons vivre dans nos vies et de ce que les philosophes qui lui ont succédé ont pu élaborer dans leurs travaux. Je vous laisse donc soin et loisir d’aimer et d’être aimé. Vous pourrez mieux vous y préparer avec cette bibliographie que je vous propose ci-après. Si vous désirez des précisions quant à cet article qui n’est qu’une esquisse de la conception platonicienne de l’amour, je serai ravis d’approfondir cet aspect central et particulièrement passionnant de sa pensée. En attendant, je vous souhaite une bonne Saint Valentin.

Loac. M

Bibliographie :

Le Phèdre, la République (III, VII, X), le Sophiste et le Banquet de Platon.

Platon, Léon Robin

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Extrait de mon livre : Tome II, Partie III, Chapitre 11 : « Le déclin »

Posté par LOACMATEO le 8 février 2010

« [...] Ils étaient là, tous, des centaines de milliers de gens. Le monde entier et surtout occidental avait profondément été touché par le drame de la ville de New York. Il y avait de nombreuses familles, des veuves, des veufs, des orphelins, de tous âges, dans des états tous très différents. D’autres résidaient dans les villes alentours ou les états voisins. D’autres encore venaient de tous horizons. Pour le sombre évènement une place en gypse noir et luisant avait été posé à l’emplacement de l’entrée principale de l’ancienne ville, aussi office de socle d’un moment titanesque et dissimulé sous une grande pièce de tissu noir. Sa forme était déjà très impressionnante et son ombre s’étalait sur une grande surface. Le Président du pays en personne parla. Et son discours toucha le monde entier. Il ne prononça aucun mot de menace, de haine ou de quelconque violence. Tous ses mots étaient pesés de façon à ne viser personne de précis, aucun de leur concurrents ou ennemis.

Enfin, il clôtura ses propos et céda sa place à Monsieur Dechelle, tristement applaudit. De nombreux visages se crispèrent de rancoeur et de douleur ; ceux qui savaient. Bien entendu, le bel homme était consterné qu’un tel crime qui plus est un tel attentat est pu être perpétré. Il promit donc de tout mettre en oeuvre pour protéger davantage la nation, mais surtout, c’est d’une voix grave et assurée qu’il annonça la sortie d’une nouvelle prouesse de sa firme, ce qui allait sûrement redonner de l’espoire aux gens et ainsi le faire passer pour un héros en les circonstances, malgré le lourd secret de sa culpabilité.

- »C’est en ces temps troublés que je tiens à être présent pour vous. Je déclare officiellement que ce matin même en mon laboratoire principal de recherche, une greffe totale de la moelle épinière a été effectuée. Ainsi, vous pourrez voir un paraplégique marcher à nouveau, dès ce soir sur le plateau du journal télévisé de « Chanel 5″. « 

Il y eut une salve d’applaudissement, les gens pleuraient devant une telle preuve de générosité et de soutien. Pour eux, Dechelle était l’homme qui avait oeuvré à se vouer à la cause du monde occidental, à protéger son confort et sa sécurité aux yeux du monde musulman et de l’Union Asiatique. Ils étaient fous de douleurs, et sans s’en rendre compte, Dechelle était leur véritable chef, le président n’était plus que l’instrument symbolique d’une république à la politique toujours plus vaseuse. Il poursuivit :

- »Par cette avancée technique, il n’y aura plus d’handicapés dus à des séquelles nerveuses. Sachez que je vous soutiens toujours et que la nécessité de détruire cette ville pour éradiquer la dégénérescence de mon vaccin ne suffira pas à anéantir ma détermination. Cette attentat au progrès ne saurait faire de nous des faibles, rien ne pourra jamais atteindre la grandeur de l’occident ! L’Underground Fern Corporation est toujours à la tête de la nation pour faire front à l’Union Asiatique ! »

Émue, la foule applaudit de nouveau et c’est ensemble que Monsieur Dechelle et le Président tirèrent le drap. Il fut parcouru d’amples ondulations dans toute sa hauteur pour dévoiler une immense statue en aluminium recouvert à la feuille d’argent. La femme était immense, vêtue d’une simple robe se terminant sur un socle ressemblant à un rocher. En réalité, il s’agissait d’un conglomérat des centaines de milliers de bustes, les mains crispées vers le ciel. Chaque habitant disparu de la ville de NewYork y avait fidèlement été représenté. L’émotions était forte. Personne ne pourrait jamais oublier les visages à présent éternels de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants et nourrissons. Certaines femmes étaient même représentées enceintes. Tout le monde saurait ce qu’avait fait l’Union Asiatique, personne ne pourrait jamais être en mesure de le nier excepté bien entendu ceux qui savaient que Dechelle était le seul responsable de ce crime contre l’humanité.

Les cheveux de la statue ondulaient sur ses fines épaules se fonda dans un bras, lui même confondu avec un plis de tissu au niveau de sa cuisse. L’autre bras se dressait vers les cieux et sur sa main avait été crée un jardin, tel un plateau, dominé par un énorme Magnolia. Il avait été conçu par les laboratoire in vitro de l’UFC de Dechelle en un unique exemplaire. C’était un Magnolia stellata « Universalis Candidus ». Son port étalé soulignait l’assise intemporelle de la puissance américaine et plus largement de celle du monde occidental. Ses fleurs étoilées d’un blanc pur et délicatement parfumées formaient une nuée qui réfléchissait intensément les rayons du soleil et rivant les regards vers elle. L’arbre ne fleurirait qu’au début du printemps, période à laquelle venait d’avoir lieu la catastrophe.Ce monument était un record en soi, il mesurait cent-soixante quatorze mètres de hauteur, de la base du socle au plus rameau. Le jardin posé sur la main était le jardin suspendu le plus haut du monde, composé uniquement de fleurs blanches dont toutes les variétés ne fleuriraient qu’au printemps. Le visage de la statue était étrange, comme inspiré d’une vénus, sans regard. Le plus étonnant était ses ailes, deux paires en verre nervurées de titane lui procurant un aire elfique, quelque chose de merveilleux. Et derrière elle se dressait un désert de désolation, plat, comme rasé d’un seul coup par une lame géante. Éblouie, la foule criait et pleurait sa puissance, surtout celle de sa souffrance. Le Président, Monsieur Dechelle et de nombreux officiers dont Bellatrice se dirigèrent vers une imposante porte argentée qui se referma sur leur passage. Alors commença un interminable défilé de gens qui déposaient bouquets et fleurs simples par milliers, toutes blanches, symbole de pureté. Certains s’effondraient de douleur, d’autres se retenaient avec peine, le visage crispé.Le président et le reste du cortège se rendirent au pieds de l’arbre, au devant duquel se dressait la statue de Colonel Andrew en taille réelle. Son regard était presque sévère mais pour ceux qui le connaissaient, on pouvait reconnaître cet humour dans ses traits, celui qui ne se cachait jamais très loin dès lors qu’il se trouvait dans les parages. Il se tenait droit, au garde à vous, irréprochable. Lui aussi avait sa place, une place d’honneur. Une brise fraîche et légère dissipa le puissant parfum de le joute florale. Toute cette beauté et cette émotions leur fit presque oublier l’amerture qu’il pouvait avoir envers Dechelle. Mais en ces instants de recueillement, plus rien ne pouvait les toucher. Même le second discours du Président ne put parvenir à leurs oreilles et Monsieur Dechelle ne fut évidemment pas invité à parler. Bellatrice se décida, lorsque le chef de l’état eut terminé. Elle s’avança vers le Colonel, se tint droite, le fixa droit dans les yeux, l’observa un moment les yeux rongés de larmes et lui dit enfin au revoir. »

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Philopure : La volonté chez Aristote et Schopenhauer : début et fin du libre-arbitre.

Posté par LOACMATEO le 5 février 2010

L’analyse que je vais faire est issue d’un exposé oral. Durant la construction de ce travail, je me suis rendu compte du peu de richesse concernant ce sujet relativement précis sur internet. C’est pourquoi je me propose de le retranscrire, afin que ce point spécifique soit disponible pour toutes celles et ceux qui auraient à s’y intéresser.

Pour ce faire, je vais tout d’abord m’intéresser à cette notion de volonté chez Aristote dans le livre III de l’Éthique à Nicomaque, élément articulatoire de sa conception de la vertu en amont et de responsabilité en aval, ce qui, plus tard, donnera naissance au concept de libre-arbitre. C’est alors que j’introduirai Arthur Schopenhauer avec sa critique du concept de libre-arbitre. Sa conception cosmologique de la volonté sera ainsi introduite et développée à partir de cette critique.
L’objectif est d’introduire à la fois à la pensée et la lecture d’Aristote (Éthique à Nicomaque), grand penseur de l’Antiquité et de A. Schopenhauer (Le monde comme volonté et comme représentation) par lequel je vais vous proposer une expérience de l’être et la découverte de son « passage secret » pour pénétrer dans cette forteresse du « monde » illusoire.
Enfin, vous trouverez une bibliographie non exhaustive et référencées pour aller plus loin dans les travaux de ces deux philosophes.

Ainsi, comme je l’ai annoncé, je vais commencer par Aristote. Cependant, je ne commencerai pas par définir la volonté mais bien plutôt le volontaire. Pourquoi ? Par ce que la volonté chez Aristote est acte, et plus précisément acte volontaire. Le volontaire se définit par l’union de deux facultés. La première est la spontanéité du désir, c’est-à-dire agir par soi-même et dont le contraire est être contraint. La seconde faculté est l’intentionnalité de la connaissance, c’est-à-dire agir en connaissance de cause et dont le contraire est agir par ignorance. Le volonté est donc la manifestation du volontaire dans l’union de ces deux facultés. Autrement dit, la volonté ne peut être définit que dans cette double détermination qui donnera l’acte volontaire.
Je tiens néanmoins à faire une remarque ; si la volonté est action, toute action n’est pas nécessairement volontaire, par exemple quand une des deux facultés au moins est défaillante. De fait, je ne saurai être tenu pour responsable du fait d’avoir quitté mon pays quand j’ai franchit par mégarde une frontière qui n’était pas clairement signalée en ayant eu l’intention de rester sur le territoire. Nous constatons aussi que c’est à partir de cette détermination de la volonté que se construit la notion de responsabilité.
Ce type d’analyses aristotéliciennes ont été fondamentales pour l’élaboration scolastique du concept de libre-arbitre.
Pour conclure sur cette conception aristotélicienne de la volonté, nous sommes en mesure de dire que la volonté est la puissance d’agir par détermination de deux facultés ; spontanéité et intentionnalité. La seconde faculté, la connaissance est aussi finalement d’être vertueux, ou encore de chercher la moyenne, définition de la vertu. C’est en cela que ce concept de volonté est un concept charnière et articulatoire de sa pensée. La vertu se trouve en amont de la volonté et le concept de responsabilité qui donnera naissance à celui de libre-arbitre en aval. Être responsable implique donc un caractère vertueux et un accès au bonheur car l’action en question, l’action responsable et vertueuse pourra être dite belle. Pour Aristote tout ce qui est beau est aussi bon, ainsi la belle action nous permet d’être heureux.

A présent, pour nous intéresser à la pensée schopenhauerienne nous allons reprendre ce concept de libre-arbitre dont saint Thomas d’Aquin en est l’un des premier inventeur et que Schopenhauer critique. Ce dernier est contre cette notion de libre-arbitre de la volonté. Pour lui, il n’y a pas de liberté de la volonté. Pourquoi ? Par ce que cette volonté ne dépend pas de nous mais est principe de tout, c’est elle au contraire qui nous détermine.
La source de sa philosophie est l’expérience et l’observation. Il ne s’agit pas pour autant d’empirisme au sens où il peut habituellement être entendu ni d’éducation. Car ce que nous prenons pour la réalité et que nous appelons « le monde » n’est qu’une représentation subjective, une illusion. La vérité requiert de lever le voile de Maya, figure qu’il emprunte à la philosophie hindoue. Pour Schopenhauer la véritable réalité est celle de la volonté.
Mais de quelle volonté parle-t-il ici ? Ce n’est évidemment pas celle d’Aristote, elle n’est pas charnière ou articulatoire mais fondamentale et essentielle.
Ainsi, il développe une cosmologie (étude scientifique de l’univers dans son ensemble) de la volonté à partir de l’expérience interne, intime, du corps qui nous révèle à la réalité même du monde.
C’est donc ici que je vous propose de faire l’expérience de l’être et par conséquent de la volonté schopenhauerienne. Pour cela, il faut bien que nous nous entendions sur ce que j’appelle ici « être », sujet le plus que fondamental et récurent de la philosophie. L’être est ce qui existe en soi ou par soi. La difficulté dans sa compréhension est de savoir faire la distinction entre l’être et l’étant. L’étant est la manifestation sensible et immédiate de l’être. Par exemple, je suis Loac. Je suis « être Loac », c’est-à-dire que Loac est le caractère premier, mon être. Et je suis en train d’écrire. Ainsi, mon « être » Loac est « étant » en train d’écrire. C’est ici que nous remarquons cette confusion usuelle des deux. Dans le langage courant, nous dirions « Loac est en train d’écrire ». Concernant ce subtil et très important concept de la métaphysique, vous pouvez lire l’article « Peut-on démontrer l’existence ? » dans la rubrique « Philopure ».
A présent, faisons l’expérience de l’être. Ce que je propose là n’est pas d’une grande prétention mais bien plutôt d’une certaine ironie. En effet, selon Schopenhauer nous vivons dans l’illusion et la vérité est en nous alors que nous nous efforçons de la trouver dans les choses extérieures, les choses du dehors. C’est là notre erreur et notre incapacité à connaître « la vérité ». Voilà en quoi constitue cette erreur. Lorsque nous voulons atteindre la vérité dont la plus haute est l’être des choses que l’on peut mieux comprendre et aussi appeler « raison d’être », nous nous plaçons en tant que sujet face à un objet. Par exemple si je prends un stylo et que je veux comprendre ou connaître son être, ce qui le fait exister en dehors de son apparition en tant que phénomène, je ne le peux pas. Quoi que je fasse, c’est-à- dire que je m’en empare avec tous les outils scientifiques dont je puisse disposer, son être me résistera, je ne parviendrai pas à connaître sa raison d’être, sa volonté. De fait, pour comprendre l’être ou essence de ce stylo, il faudrait que je sois le stylo, littéralement, que je pénètre son être. Mais je suis déjà un être et nous pouvons déjà pressentir ce vers quoi veut nous conduire Schopenhauer. Dès lors que je veux atteindre l’être d’une chose, ce que Kant nomme le « noumène » je suis nécessairement arrêté par son apparaître, son étant que Kant nomme cette fois « phénomène ». Nous n’avons accès qu’à des phénomènes et en aucun cas à des noumènes. Mais nous venons de le pressentir, il y a un être qu’il nous n’avons pas besoin de « pénétrer » pour le connaître. Bien entendu c’est nous-même. Je n’ai pas besoin de me mettre à ma place pour me comprendre puisque « je suis » déjà. La réponse est ici, en soi. Les philosophes avant Schopenhauer n’ont cessé de s’acharner à vouloir connaître l’être des choses, leur vérité suprême en se plaçant de l’extérieur. Cette erreur tient aussi dans la fission entre sujet et objet. Pour Schopenhauer le sujet est aussi une illusion. Rien de réel et de vrai ne peut donc être trouvé à partir de ce dernier.
Ainsi, avec Schopenhauer nous avons affaire à une égalité entre l’être et l’étant, le noumène et le phénomène. Pour faire l’expérience de ce que je suis, je n’ai qu’à m’éprouver dans ma manifestation, dans mon actualisation (mise en acte de mon être). Je suis Loac et je sais ce que je suis par ce que je suis étant en train d’écrire. C’est une première base de connaissance de la réalité, le corps en tant que connaissance et accès à l’être immédiat. Pour compléter mon propos, voici un extrait (correspondant à l’explication que je viens de faire) de son œuvre majeur, Le monde comme volonté et comme représentation, dans les suppléments au chapitre XVIII, page 890 de l’édition Quadrige :
« […]nous ne sommes pas seulement le sujet qui connait, mais […]nous appartenons nous-mêmes à la catégorie des choses à connaître, [...]nous sommes nous-mêmes la chose en soi, [...]en conséquence, si nous ne pouvons pas pénétrer l’être du dehors jusqu’à l’être propre et intime des choses, une route, partant du dedans, nous reste ouverte : ce sera en quelque sorte une voie souterraine, une communication secrète qui, par une espèce de trahison, nous introduira tout d’un coup dans la forteresse, contre laquelle étaient venues échouer toutes les attaques venues du dehors. »
La « forteresse », c’est le monde, monde de l’illusion dès lors que nous le considérons en tant que sujet, ce qu’on fait tous les philosophes avant lui, auteurs de ces « attaques du dehors ».
Ainsi, comme nous le savons maintenant, le corps est ainsi donné comme principe immédiatement connu, comme volonté. Il y a identité du corps et de la volonté.
Cet extrait de la page 154 de la même œuvre enrichit davantage encore l’explication que je viens de faire concernant sa définition de la volonté :
« le concept de volonté est le seul, parmi tous les concepts possibles, qui n’ait pas son origine dans le phénomène, dans une simple représentation intuitive, mais vienne du fond même, de la consciente immédiate de l’individu, dans laquelle il se reconnaisse lui-même, dans son essence, immédiatement, sans aucune forme, même celle du sujet et de l’objet, attendu qu’ici le connaissant et le connu coïncident. »
La volonté ne vient pas des phénomènes, des étant puisque les étant son produit de la volonté, elles en sont la manifestation objectales,en faits ou en actes. Pour connaître mon être, qui je suis, personne ne peut partir de mes actes, mes phénomènes. Vous n’aurez jamais mon être dans sa réalité, ce que moi et chacun d’entre nous en revanche possédons. Et c’est en ce sens que le connaissant et le connu coïncident. Celui qui connait est en même temps celui qui est connu. Moi, Loac, connait et dans le même temps je suis connu, connu de moi-même par moi même ; je fais l’expérience de mon propre être, être en étant en train d’écrire.
Cette volonté est donc l’essence des choses de la totalité des phénomènes. Étant chose en soi, elle est sans raison, une, échappant à la multitude des objets. C’est-à-dire qu’il n’y a pas autant d’être que de choses qui sont mais qu’il y a un être unique, une volonté dont chaque chose existante en est une expression chaque fois différente. La volonté est donc une « Idée éternelles » que nous pouvons bien comprendre au sens platonicien. Les choses existantes sont la manifestation, l’objectivation de la volonté tout comme les choses matérielles pour Platon participent de leurs substances immatérielles, les Idées ou Formes en soi.
Ceci nous permet donc de noter une différence capitale du concept de volonté de Schopenhauer et de Aristote. Aristote s’oppose à son précepteur, Platon et à sa théorie de la participation des choses aux Idées. Ils n’auraient ainsi jamais accepté cette volonté schopenhauerienne. De plus, la volonté selon Aristote est une puissance en l’Homme qui sera déterminée par deux facultés. Ce n’est donc pas un principe fondamental dans sa pensée, ce que nous avons vu.  Alors que pour Schopenhauer la volonté est l’essence du monde et même du cosmos. La volonté est universelle et principe essentiel de tout ce qui existe et existera, elle dépasse les Hommes. La volonté est un effort sans fin, qui n’a ni but contrairement à ce que pense Aristote pour qui la volonté est déterminée, ni limité. La volonté est désir illimité.

Et dans ces manifestation de la volonté, cet être suprême, il y a différents niveaux d’objectivations qui sont en lutte. Nous n’allons nous intéresser qu’à la première dans les suppléments au chapitre XIX :
« Dans la conscience c’est la volonté, élément connu, qui est première et essentielle ; le sujet est la partie secondaire, venue par surcroît : c’est le miroir. »
Voilà en quoi il n’y a pas de sujet et en quoi nous sommes plongé dans l’erreur et l’illusion. La représentation est une conception intellectuelle de la volonté. Ainsi, l’illusion est tout ce que nous nous représentons de la volonté et c’est ce que nous appelons le « monde ». Notre propre représentation, le « sujet » fait ainsi partie de cette illusion et nous empêche même d’une certaine façon de nous en sortir, il suffit simplement pour chacun d’entre nous de constater avec quelle difficulté nous avons fait l’expérience directe et immédiate de l’être.

Pour conclure, la volonté est une substance fondamentale de toutes choses, l’équivalent d’une chose en soi dont les phénomènes ne sont que l’expression objectivée. La volonté est donc absurde au sens où elle est sans raison (la raison étant l’instrument de nos représentations, de nos productions d’illusions) et répétitive : sa seule fin est de se reproduire éternellement.

J’aurai bien aimé en dire davantage, développer de nombreux points mais étant limité par le temps à l’oral, j’ai du faire des choix allant dans le sens du développement du concept de volonté et de la pensée qui l’accompagne. Si des points paraissent obscures ou s’il y a des incompréhension, je serai bien entendu ravis de faire des précisions et de développer les aspects incomplets des notions et de leurs développements.
Vous trouverez ci-dessous une bibliographie vous permettant d’approfondir ces sujets par vous-même :

Aristote, Éthique à Nicomaque, GF Flamarion, 2004 (en particulier le livre III).
A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, PUF Quadrige, 1966.
Il vient récemment de paraître une nouvelle édition dans la collection GF comportant pour la première fois des commentaires riches et fournis en deux tomes (les chapitre et les suppléments, suppléments qui font aussi parties de l’œuvre). Étant plus récente, cette édition actuelle présente une traduction différente et tout aussi pertinente. Le conseil que je donnerai dans le cas où vous n’avez pas à prendre la même édition que votre professeur et je m’adresse là aux élèves et étudiants, c’est de prendre l’ancienne (et pas si ancienne que ça) édition. En effet, puisque l’édition GF vient de paraître, tous les ouvrage dits de lecture secondaire (commentaires etc.) et les dictionnaires d’auteurs ou encore de concepts philosophiques présentent des références à l’œuvre dans la première édition, ce qui est donc plus pratique pour ce qui est des référencements.

Mémo Références Philosophie : Les auteurs, les œuvres, par Jacqueline Russ, 2003
Histoire de la philosophie, Emile Bréhier, PUF Quadrige, 2004 (nouvelle édition)
Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, fayard/éditions du temps, 2004


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Lancement d’Aléthéia… Le mardi 16 février

Posté par LOACMATEO le 1 février 2010

Il arrive un point où vous commencez à suspecter que s’il y a réellement une vérité, c’est que toute l’infinité multidimensionnelle de l’Univers est presque certainement conduite par deux mondes étrangers l’un à l’autre.

Des mystères, des mythes, des Hommes, des possibles, des vérités… Une Aléthéia.

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Philopure : Peut-on démontrer l’existence ?

Posté par LOACMATEO le 29 janvier 2010


De prime abord le simple fait de se demander si l’on peut démontrer l’existence nous pose déjà une difficulté, une ambiguïté. Cette question peut même paraître incomplète. De quelle existence est-il question ? Pourquoi vouloir prouver l’existence de quelque chose si cette chose est devant soi ? Le paradoxe, mais aussi la difficulté, est que nous admettons qu’elle pourrait ne pas exister alors qu’elle se trouve face à nous. Ce paradoxe réside en réalité dans une confusion faite entre l’existence et l’essence.
L’existence, c’est le fait d’être. Mais le fait d’être « devant soi », si l’on reprend l’interrogation « Pourquoi vouloir prouver l’existence que quelque chose si cette chose est devant soi ? », ne concerne pas l’existence elle-même, mais l’essence de ce fait d’être. Autrement dit, il faut distinguer l’existence de l’essence, que nous pouvons aussi nommer nature. La nature ou essence est ce qui fait que quelque chose est, indépendamment du fait que cette chose existe. L’existence peut donc être définit comme l’être considéré indépendamment de la manière dont il est, c’est-à-dire de son essence. Il y a donc d’une part ce qu’est une chose, sa nature et ce qui fait qu’elle est, son existence.
Trois considérations de l’existence peuvent être dégagées. Il y a d’une part l’existence considérée comme supérieures à l’essence. Ce concept amènera à s’intéresser à l’expérience de la vie communément vécue. Le second concept d’autre part amènera à confondre existence et essence dans le concept de Dieu et enfin nous verrons avec Platon s’il est possible de démontrer l’existence avec la théorie de la participation.

Il est intéressant de chercher à comprendre le moment où l’existence naît, d’où elle provient. Déjà, nous pouvons nous rendre compte que son origine ne peut être déterminée précisément. Provient-elle de l’apparition réelle, physique, du corps c’est-à-dire de la naissance ou de la construction empirique de l’esprit par prise de conscience ? Quoi qu’il en soi nous pouvons dire que nous prenons connaissance de notre existence lorsque l’on prend conscience de son corps. Et cette prise de conscience se fait par autrui qui limite le champs des actions de notre corps. La prise de conscience de notre existence se fait donc par autrui et plus largement le monde extérieur, le monde physique. Il s’agit ici d’une existence relative. Pour être nous avons besoin d’autrui pour qu’il reconnaisse le fait que nous soyons. L’existence peut être définit comme le fait d’être pour un observateur.
Dans ce cas nous pouvons nous demander si une telle existence peut être démontrée Comment est-il possible de démontrer en temps réel qu’autrui me permet d’exister ? Ou encore, lorsque je suis seul, est-ce que j’existe moins que lorsque je suis en présence d’autrui ? Nous pouvons nous entendre sur le fait que nous existons sans degré. Dans ce contexte, il n’est pas possible d’exister un peu. L’existence n’est pas quantifiable. C’est en cela qu’elle ne peut être démontrée ; elle échappe aux outils de la démonstration. La démonstration se fonde sur la mesure, la relation de quantités. La démonstration ne s’intéresse donc pas aux qualités. Or il s’agit là de l’existence en tant qu’elle implique un rapport d’inter-subjectivité, de qualités. Et ces qualités sont celles qui appartiennent à l’étant. L’étant est l’expression qualitative de l’être, de l’existence. C’est la manière même dont nous existons, la manifestation ou expression de l’être. La démonstration se fondant sur la caractère général si ce n’est universel d’une chose , elle ne peut s’appliquer à l’existence.
Mais l’apparition de l’existence pour soi provient-elle uniquement de ce rapport corporel et sensible à autrui ? Il est possible de distinguer l’existence spatiale et corporelle. Autrui, les autres corps sont ce qui délimitent l’espace de mon existence. En revanche ce ne sont pas eux qui la délimitent dans sa durée. Même si l’on considère que la mère est la condition temporelle première de l’existence, elle ne pose cependant pas la limite finale de celle-ci, notre mort. Personne n’est en mesure de déterminer ma mort excepté bien sûr le meurtre prémédité ou le suicide. De fait, autrui ne déterminera pas ma mort mais me la fera éprouver à travers la sienne. Et cette prise de conscience de la vie permet aussi de se rendre compte que le temps de notre vie est finit, non seulement par la naissance mais aussi et surtout par la mort. La question de ce qui vient après la mort s’ensuit donc de ces deux prises de conscience constituent ce qui sera pour soit l’existence, le fait d’être. La prise de conscience de ce qu’il y a après la mort pose aussi la prise de conscience du néant. S’il est possible de ne pas être par la mort, qu’est ce que ce « non-être », ce néant ? Exister par et pour autrui ce fait par ce qu’est l’existence, c’est-à-dire l’étant. On aura donc tendance à rester bloqué par l’actualisation de notre existence, par ses faits d’être qu’à passer par elle pour atteindre l’existence elle-même, ce qui fait qu’elle est. Sa démonstration est encore moins possible. L’existence, l’être est en constante expression, c’est-à-dire l’être est toujours étant.
Quant à l’existence qui est relative à une prise de conscience de la mort et du néant, elle ne peut, là non plus, être démontrée. Nous retrouvons ici le caractère subjectif de cette expression de l’existence. Ce serait comme vouloir démontrer la foi religieuse. Comment vouloir démontrer ce qui est en réalité un sentiment d’existence ? Ici l’existence s’éprouve, par et avec les autres. Elle est relative à son ressentit, aussi bien physique qu’affectif. Le ressenti est l’interprétation d’un sentiment ou d’un affect. L’affect est une sensation de l’esprit. Ainsi, personne ne ressent l’existence de la même façon. Pour certains elle sera trop courte, trop lourde à porter ou encore insignifiante.
L’existence ne peut donc ici être démontrée puisque faisant appel soit à des rapports inter-subjectifs, d’étants entre eux ou à un rapport qualitatif avec sa propre existence, un sentiment relatif au sujet existant.
Si l’existence ne peut ici être démontrée, on ne peut cependant pas nier qu’elle existe. Et cette simple affirmation de dire que l’existence existe fait relativement peu sens. Il s’agit d’une tautologie c’est-à-dire de démontrer ou définir une chose par ce qu’elle est, par elle-même. Tenter de démontrer l’existence en est une. C’est vouloir démontrer que l’existence existe par-ce qu’elle existe. Il est donc possible de dire que l’existence est une évidence, qu’elle se laisse éprouver par le simple fait d’être, de manière claire et manifeste. A l’instar de la formule de Descartes dans la seconde de ses Méditations métaphysiques « je pense, je suis » il est possible de dire « je suis, j’existe ». Le simple fait d’être me permet d’exister comme le simple fait de penser me permet d’être. Le simple fait d’être se suffit à lui seul pour prouver l’existence.
Néanmoins l’existence n’est pas limité au seul sujet et ses prises de conscience. Avec les questions de vie après la mort et du néant, donc de la finitude, les questions de la vie après la mort, de l’existence absolue et non relative, donc en soi, peuvent se poser. Nous n’existons pas simplement comme l’animal existe. Nous possédons la capacité de nous interroger, de nous replier sur notre existence, et donc de nous poser la question du pourquoi de notre existence elle-même. En tant qu’elle est supérieure à l’essence, qu’elle empêche de voir ce qui fait ce qu’elle est par ce qu’elle est, elle n’est pas démontrable.

Si nous commençons par poser l’essence de manière à ce qu’elle soit égale à l’existence, elle n’est plus uniquement étant, c’est-à-dire le caractère qualitatif de l’être. L’essence serait une qualité intrinsèque de l’être. Les causes ne formeraient plus qu’une avec les conséquences. Ce qui nous amène à nous interroger sur une existence non relative, une existence absolue. L’existence absolu est le caractère de ce que nous pouvons appeler Dieu. Le fait même de poser le concept de Dieu pose déjà son existence, donc absolument indépendante de toute temporalité, de toute spatialité, de toute fin. Si Dieu existe de manière absolue et nécessaire, il nous est inaccessible puisque nous sommes finit. Qu’il s’agisse de notre existence, de notre entendement ou encore de notre raison nous sommes en tout point inférieur à Dieu. C’est en cela qu’il nous est inaccessible. Comment nous est-il possible d’en démontrer l’existence si Dieu ne peut être atteint par la raison ? Comme nous ‘avons vu, l’existence est une évidence. Le simple fait d’être se suffit pour prouver l’existence. Cependant l’évidence s’avère simple en tant que démonstration puisqu’il faut constamment l’éprouver pour la démontrer. Entre outre cela concernait l’existence atteinte par l’étant, donc par une expression saisissable de l’existence. Or il s’agit d’une existence pure et absolue intrinsèque à l’essence qui ne peut donc être saisi par un objet intermédiaire, c’est-à-dire un fait d’être. De fait, l’existence de Dieu ne peut s’éprouver en évidence puisque faire l’expérience de Dieu reviendrait à saisir Dieu. Or Dieu n’est pas fini, il ne peut donc pas être saisit. Cependant, il existe un sentiment de dieu ; la foi. Mais là encore la foi ne permet pas d’atteindre l’existence de Dieu puisqu’elle ne permet pas de faire l’expérience de ce qu’est dieu car nous venons de voir qu’éprouver Dieu en évidence n’est pas possible. Ce sentiment de la foi ne peut donc pas être de l’ordre de l’évidence et ne permet pas ainsi de prouver l’existence divine. L’existence n’est une évidence qu’a partir du moment où l’on a éprouvé sa quiddité, c’est-à-dire ce qu’elle est. De ce fait, si la quiddité de Dieu ne peut être atteinte, il n’est pas possible de fonder de preuve ontologique de son existence.
Cependant, il faut distinguer deux genres de démonstration. La première prend la quiddité comme moyen et va de l’essence à ses propriétés c’est-à-dire de la cause à l’effet. Il s’agit de la démonstration propter quid. La seconde démonstration, la démonstration quia procède de l’effet à la cause, et peut déterminer la cause en son rapport à l’effet.
Ainsi, nous venons de voir que la démonstration propter quid est inaccessible à l’homme. Et il s’agissait là d’une des difficultés de la théorie d’Aristote. Il lui était impossible de parvenir à une démonstration rationnelle pour atteindre la quiddité des choses sensibles. En tant qu’homme, nous n’avons jamais accès à l’être des choses. De fait il est normal que l’homme use de démonstration qui va de l’effet à la cause, la démonstration quia. Cette démonstration nous permet de poser l’existence d’une chose sans préalablement savoir ce qui fait qu’elle est c’est-à-dire son essence. Tout ce que nous possédons c’est l’effet que cette essence a produit et qui nous a amené à elle.
Ceci permet donc d’établir des démonstrations de l’existence de Dieu. Par exemple, dans la Physique d’Aristote, au huitième livre, l’existence de Dieu est démontrée par le fait que toute chose est mise en mouvement par une autre chose. Cette autre chose, ce moteur est à son tour mis en mouvement ou ne l’est pas. S’il ne l’est pas, c’est qu’il s’agit de la cause première de tout ce qui est mis en mouvement. C’est un premier moteur immobile que nous sommes en mesure d’appeler Dieu.
Comme autre démonstration quia de l’existence de Dieu exposée elle aussi par Aristote au second livre de la Métaphysique il y a l’impossibilité que tout ce qui existe ne provienne de rien, du néant. Car si tous les êtres étaient seulement possibles, cela présuppose qu’à un moment aucun être n’aurait existé. Il est donc impossible qu’un être puisse commencer à exister à partir de rien. Il faut poser un être nécessaire par soi, un être que nous appelons Dieu.
Nous pouvons remarquer que dans ces deux démonstrations extraites des cinq qu’Aristote expose dans la Physique et la Métaphysique qu’il n’y a aucune intervention du sentiment religieux ou de ce qui regarde les rapports particuliers de l’homme à Dieu.
Ainsi, nous pouvons nous interroger sur la valeur de ces preuves. Et saint Thomas montre la faiblesse de celle-ci dans la Summa contra Gentiles. Déjà ces preuves supposent l’éternité du monde. Chez les catholique cette supposition est fausse. De plus comment démontrer la finitude ou l’infinitude du monde ? Et si le monde était éternel, cela impliquerait qu’il serait dépourvu d’histoire. La seconde objection faite par saint Thomas concerne la cause première de tout mouvement. Comment démontrer qu’une chose peut-être mise en mouvement d’elle-même ? Les effets s’avèrent donc insuffisants à démontrer l’existence absolue et nécessaire de Dieu.
D’ailleurs, Kant, dans la quatrième section du chapitre trois de la Critique de la raison pure, nous montre la difficulté posée dans la démonstration de l’existence de Dieu. L’inaccessibilité de Dieu limite notre entendement c’est-à-dire notre faculté de juger. En outre Dieu est posé de manière si nécessaire que cette nécessité est à la fois évidente mais enlève aussi « toutes les conditions que réclame l’entendement pour se faire un concept d’une telle nécessité ». Avant même de songer à démontrer l’existence de Dieu, il faut remarquer qu’il n’est pas même possible de penser Dieu. Puisqu’il est infini nous ne pouvons le penser en tant que nous sommes finit, nous-même et donc notre pensée. Par là, nous ne pouvons pas démontrer l’existence puisque nous ne sommes pas même en mesure de saisir Dieu, de penser l’objet de notre démonstration. Dieu est insaisissable par nature car non finit. Enfin, comme nous l’avons vu, l’essence et l’existence de Dieu ne font qu’un. Causes et conséquences ne faisant qu’une, démontrer son existence par ses conséquences n’est pas plus possible que de la démontrer par ses causes, ce qu’il est.

Avec Platon, nous pouvons constater que l’essence est cette fois supérieure à l’existence. L’essence est l’être des choses, ce qui détermine ce qu’elles sont. L’existence est ici l’expression particulière de l’être, de l’essence. L’existence est donc l’étant qui participe de l’essence aussi appelé Forme ou Idée des choses par Platon. C’est donc par participation que l’existence est ici inférieure à l’essence. De fait, selon Socrate dans les écrits de Platon nous ne pouvons atteindre l’essence des choses directement par les sens. En effet, le fait de voir une chaise ne nous fait pas voir son essence, l’Idée de la chaise en soi. Nous n’avons qu’une participation sensible de l’Idée de chaise. De faite, cette Idée ne peut être atteinte que par l’examen socratique. L’Idée sera donc véritablement exprimée que lorsqu’elle aura résisté à cet examen. L’existence peut donc se démontrer en vertu de cet examen en dégageant tout ce qui ne fait que participer de l’Idée. Cependant, dans le Parménide, Platon nous montre que la participation des choses aux idées est impossible. Car si d’une part plusieurs choses participent à une même idée cela implique que l’Idée est entière en chacune d’elle. L’Idée est donc séparée d’elle-même ce qui est absurde. D’autre part, si l’Idée ne se trouve que partiellement dans une chose, nous qu’une Idée comme celle du petit est nécessairement plus grande que chacune de ses propres parties ce qui est là encore absurde. Nous pouvons aussi remarquer l’impossibilité de Socrate dans les dialogues de Platon à exprimer clairement ce qu’est l’être des choses, leur essence. Socrate ne fait que dire ce que n’est pas la chose en soi. Il ne dit jamais ce qu’est la science en soi, la justice en soi ou encore la vertu en soi mais énonce tout ce qui participe de l’idée pour montrer qu’il ne s’agit que d’une partie de l’Idée, une participation et non de ce qu’elle est en elle-même.

L’existence ne semble donc pas pouvoir se démontrer que ce soit propter quid ou quia. Qu’elle soit relative ou absolue l’existence ne peut être démontrée de manière suffisante. Lorsqu’elle est relative elle ne se résume qu’à des rapports entre sujets qui se rendent compte de leur être par celui des autres, de leur mort et du néant. Cette existence ne se démontre pas mais se vit. Elle fait partie du domaine de l’expérience, de la vie vécue en tant que sujet. De plus l’existence ne se vit jamais en soi mais par le fait d’être dans certaines conditions, dans un certain mode de l’étant.
Concernant l’existence comme intrinsèque et égale à l’essence, nous nous sommes rendu compte qu’un seul des deux types de démonstration, la démonstration quia qui procède en partant des effets pour remonter à leur cause possède des faiblesses dans la valeur de ses arguments. Ces derniers reposent sur des suppositions invérifiables telles que l’éternité du monde ou qu’une chose peut être mise en mouvement d’elle-même.
Enfin nous avons observé avec Platon une supériorité de l’essence sur l’existence avec la théorie de la participation. En effet, les choses sont l’expression d’une Idée qui les rend possible. L’essence est ce qui permet et rend possible l’existence particulière de chaque chose. Cependant, la participation des choses aux Idées ne permet pas de démontrer l’existence des choses en elles-mêmes. D’ailleurs Socrate ne dit jamais ce que sont les choses en elles-mêmes et ses dialogues se terminent à chaque fois par une aporie.
Par conséquent, l’existence en elle-même semble être la propriété première qui permet à toute chose d’être dans une certaine expression. L’expression de l’être est l’étant. De fait, dès que l’on cherche à atteindre l’être, l’existence, on ne fait qu’atteindre la façon dont l’être est. Autrement dit on ne peut se prononcer que sur ce qu’est une chose et non pas sur ce qui fait qu’elle est. L’existence est donc une pure supposition. Elle ne se prouve pas mais s’éprouve par l’expérience. Le pouvoir de la pensée trouve ici sa limite puisqu’elle échoue à fonder la nécessité et par là la démonstration de l’existence.

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La lueur du moment… « Chaque soir »

Posté par LOACMATEO le 25 janvier 2010


Chaque soir

Petite folie

Qui jamais ne recule

Quand la solitude brûle

Ma patience du jour

Qui chaque soir me détruit

Subite envie

De te revoir derechef

Malgré la peur du temps

De te perdre dans la tempête

Et quand bien même la vaincrai-je

Que je ne saurai qu’avoir gagné

Subtile oubli

Des maux de ces moments

Pour te découvrir tendrement

Dans le répit d’une journée que je supplie

De m’accorder chaque soir simplement

L’espoir, douceur de tes doigts

Ou les susurres doucereux de ta voix

L.Matéo

18/10/09

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La lueur du moment…

Posté par LOACMATEO le 24 janvier 2010

Tendresse Métaphysique

Je ne sais pas si tu vois

Ces moments qui me minent

Ce que je suis en train de vivre

Ou ce beau visage que je me redessine

Animé d’un sac de sentiments

Le plus gros que je n’ai jamais porté

Au plis de ma mémoire vive

Flottant dans le plis de mes doigts

Je ne sais pas si tu vois

Ce que je suis en train d’écrire

Au coeur d’un amour pourtant de toi

Portant à ta personne plus qu’estime

Cette soutenance de l’abdomen

Ce caractère physico-chimique

De mots qui s’enferment en l’esprit

Et te réservent ce petit message d’amour :

« Mon doux, mon tendre, mon choux,

Je suis là où tu voudras me mettre,

Je suis là, derrière, un peu partout,

Nulle part ne cherche car je suis en ta tête,

Parle-moi simplement je te répondrai peut-être. »

LoAM

17/10/09

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Philothérapie, Article IV : Le nuclaire : Un peu, beaucoup, passionément, à la folie ?

Posté par LOACMATEO le 12 janvier 2010

Production, destruction, propreté, pollution ou encore vie et mort font du nucléaire une bien étrange symbiose. Il y a de quoi s’y perdre quant à le juger et plus encore quant à la position de l’Iran à ce sujet, ce que je vous propose de faire dans cet article, et ce dès lors que l’on prend un point de vue aussi général.
Avec ce recul, le nucléaire est une technologie et non une technique. Cette distinction est ici très importante d’autant plus que nous considérons habituellement le nucléaire plus comme une technique que comme une technologie. Les moyens ou outils pour produire le nucléaire sont de l’ordre de la technique. Il s’agit donc par exemple aussi bien des centrales nucléaires que des bombes du même ordre.
La technologie est bien autre chose. Bien qu’elle ait un lien certain avec la technique, elle ne doit pas être confondue. La technologie est un univers, un univers qui progresse et se développe de manière autonome. C’est-à-dire que nous n’avons pas d’influence sur lui, et c’est plutôt l’inverse. La technique est au service de l’Homme et à son tour l’Homme est au service de la technologie. La différence capitale de la technologie sur la technique tient justement en cette influence sur nous qui pose d’importants problèmes de valeurs. La technologie déborde de valeurs et le nucléaire qui fait partie de ce monde amplifie sans limite ce problème de valeur par un enjeu capital ; l’existence de l’humanité. Car le nucléaire, même s’il favorise et protège la vie par bien des façons, est avant tout et par dessus tout la plus grande menace de l’humanité et même de l’intégralité de ce qui vit sur Terre. Il suffirait qu’une seule de ces bombes explosent pour que notre enjeu soit perdu. Et ce serait irréversible, c’est-à-dire sans retour possible. Contrairement à ce que notre culture cinématographique laisse entendre et finit finalement par nous faire croire, il n’y aurait aucun survivant, rien. Tant bien même que nous nous enterrerions ou que nous allions même dans l’espace, nous mourrions tout bonnement de faim. Le nucléaire est le danger le plus grand et le plus immédiat de l’humanité, il faut le prendre au sérieux et se demander si ce que nous nous autorisons à son égard est légitime face à de pareils risques. Vous m’objecterez peut-être qu’il y a bien d’autres risques tout aussi grave pour l’humanité mais il ne sont pas aussi constatables et immédiats que le nucléaire. A n’importe quel instant, tout peut se terminer pour le vivant, des milliers d’années d’histoire biologique et humaine serait réduite à ce que nous pouvons nous représenter comme étant le néant.
Il n’est donc pas surprenant de se préoccuper de cette univers technologique et des valeurs qu’il produit et qui nous influence. Et pour cause, qui a réellement voulu une telle situation ? Qui a réellement voulu de la technologie nucléaire ? Attention aux mots, je parle bien de technologie. Nous avons mis la technique à notre service pour nous protéger et le nucléaire s’est présenté à nous comme étant la meilleure solution face à nos besoins. C’était bien plus une arme de dissuasion que de destruction de l’humanité, comme un recours ultime pour une paix mondiale. Aujourd’hui, la possession de cette technique est la marque d’une certaine puissance, une puissance qui devient technologique. C’est une valeur convoitée notamment par les chefs d’états et plus précisément par l’Iran. Ce n’est pas une nation qui est ici critiqué mais un processus. Nous pouvons d’ailleurs comprendre l’intérêt et la légitimité de l’Iran à posséder cette technique. Face au devenir de ces pays il n’y a a priori pas d’autre solution puisque l’or noir se tarit. Quand ce jour arrivera, qu’adviendra-t-il de ces pays tels que l’Iran, ceux qui sont en possession de ces ressources fossiles qui ont fondé notre confort actuel ? L’Iran ne serait-elle pas en train d’anticiper ce à quoi vient d’échapper de peu Dubaï ? A-t-elle vraiment tord d’opérer pareille anticipation ? Ne pas anticiper est pourtant ce que nous reprochons à nos puissances occidentales. Le problème n’est pas vraiment là mais plutôt dans les rapports de force que cela va créer dans ce monde en mutation d’envergure nouvelle. Ceci est un pan du problème. L’autre, tout aussi grave puisque très lié, est de savoir si cette énergie sera bien maîtrisée, bien contrôlée, bien surveillée ? Peut-on se permettre de voir cette menace se répandre pour des prétextes plus ou moins étrangers à ceux que furent les nôtres, tous illégitimes face aux problèmes que j’ai exposé plus avant ?
Plus que des valeurs, la technologie crée des sollicitations. Pour le comprendre nous pouvons nous tourner vers la téléphonie mobile ou l’informatique. Initialement, elles étaient réservées à une élites professionnelle, puis aisée avant de se démocratiser grâce à un coût accessible aux moyens financiers de tous. C’est alors que posséder un portable ou un ordinateur est devenu une norme alors que ça ne l’était pas avant. Il est à ce jour normal de posséder un portable ou un ordinateur, c’est bien pour de nombreuses raisons mais ne pas en posséder, ce n’est alors pas normal mais est-ce mal pour autant ? Non, bien sûr mais nous ne pouvons nous empêcher de penser cette « anormalité » de manière négative ne serait-ce qu’en songeant aux contraintes liées à une telle privation. Pour bien comprendre ce processus de normalisation, je vous invite à consulter l’article « Foucault et les bio-pouvoirs » ou encore dans la seconde partie de l’article « Peut-on réduire le vivant à une machine », se trouvant tous deux dans la rubrique « Philopure ».
Dans l’exemple que je viens d’exposer pour comprendre comment peuvent fonctionner ces sollicitations, il n’y a pas d’incidence grave mais si l’on se tourne de nouveau vers le nucléaire, nous avons grandement à nous inquiéter quant aux conséquences d’une telle démocratisation à l’échelle de notre planète. Mais pourquoi l’opinion ne se révolte pas ? Pourquoi les politiques ne réagissent-ils pas avec plus de ferveur, car il n’est pas nécessaire d’être érudit pour comprendre l’enjeu d’un tel problème. Tous en ont très bien conscience. En revanche, en tant que citoyen nous n’avons pas toujours pareille mesure du problème. D’une part à cause des films qui nous montrent une arme ultime ou des fins du monde heureuse où les héros eurent beaucoup d’enfants et d’autre part à causes de mauvais usages de langage par les médias, responsables politiques et autres qui font notamment la confusion que j’ai éclairci, celle entre technique et technologie. Nous mettons toujours en avant l’aspect technique plus que technologique. Il n’y a qu’un type de bombe, la bombe nucléaire qui représente un risque mais tant d’avantages et d’applications nucléaires pour produire de l’énergie propre en quantité, pour se chauffer, s’éclairer, faire fonctionner portables, ordinateur et toute une économie, tout un pays et qui sait tout un monde. Nous sommes tenté de nous reposer sur un système différent de celui du pétrole sans en mesurer l’impuissance réelle, la bombe nucléaire pouvant tout détruire, en s’aveuglant des bienfaits de sa puissance face au précieux pétrole, face à notre confort. Notre aveuglement se réduit donc à un choix entre deux options, foncer ou appliquer le principe de précaution. Mais le choix est déjà en train de se faire, par égoïsme, pour notre confort, pour demain, l’année prochaine. Vous pourrez me reprocher de ne faire que critiquer, chose facile quand on ne propose pas de solution. La solution, je suis en train de la préparer, de la construire car elle n’est évidemment pas simple et elle peut même être dite « constructive ». A mesure de mes articles, elle se profilera, prendra forme. Je ne prétends rien inventer, ce sont là des sujets de recherche au cœur de la philosophie actuelle. Je me propose simplement de donner ma contribution et de rendre accessible les fruits de ces recherches au plus grand nombre, y compris ceux qui ne font pas de philosophie. C’est ce que Kant appelle lui-même la « véritable vulgarisation philosophique » dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs.

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Bilan 2009… Voeux 2010

Posté par LOACMATEO le 18 décembre 2009

L’année 2009 s’achève ce qui pour moi est l’occasion d’un premier bilan. En effet, voilà cinq mois que ce projet est en place et wordpress comptabilise près de 800 visites. Outre ce chiffre

encourageant, j’ai pu constaté une augmentation plus qu’importante des visites en décembre, c’est-à-dire depuis que j’ai décidé d’enrichir le site en le métissant de philosophie. Décembre compte 300 visites contre 150 avec le mois d’août qui arrive en seconde position. Il est donc important à mon sens de souligner l’intérêt porté à l’exercice philosophique bien que cette science paraisse dépréciée au point de disparaître dans une sorte d’élitisme. Ceci m’encourage donc d’une part à poursuivre ces travaux et d’autre part à m’engager davantage à communiquer et transmettre les fruits de cette discipline qui malgré les apparences est et doit être au cœur des enjeux actuels de notre avenir. Car cette démarche n’est encore qu’à son début et sera améliorée et sans cesse développée.

Ceci m’amène donc à présenter mes projets à venir pour ce début d’année. Toujours concernant la philosophie, je continuerai à publier mes travaux dans les deux rubriques Philopure et Philothérapie mais je centrerai aussi mes efforts à construire une communauté de savoir. Il est important si ce n’est essentiel que nous nous renforcions les uns les autres de nos domaines de compétences au lieu de les vouer simplement à leur discipline de prédilection. J’annonce d’ors et déjà le prochain article de Philothérapie qui traitera de l’enjeu de l’armement nucléaire en présentant déjà des bases de solutions communicationnelles (Cf. Article Philopure : « Foucault et les bio-pouvoir » dans la conclusion).

En outre je travaillerai toujours sur les séries littéraires en commençant déjà à envisager la seconde saison de Knowledge Is Power dans un scénario totalement différent. En attendant qu’elle ne soit écrite, je lancerai la Saison II de l’Empire des Feuilles et poursuivrai la publication de la Légende du Commandant Ménard en proposant pour chaque épisode de courts résumés afin de vous permettre de mieux vous repérer dans le fil des différentes histoires.
Je songe déjà à la création d’une nouvelle série qui sera une sorte de scénario catastrophe de l’avenir de l’humanité dont le titre provisoire est « Le Syndrome du Dauphin » pour les mois de février ou mars 2010.
Enfin, vous trouverez au dessous de cet article « Mémoires d’un noël » qui comme le titre l’indique conte les souvenirs d’un noël de mon enfance.

Pour conclure, je tiens à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à mes travaux et mes engagements. Je remercie aussi tous ceux qui me soutiennent dans mon entourage, que ce soit mes proches, mes amis ou mes professeurs, pour les savoirs et les conseils qui m’orientent et sans lesquels ce site ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.
Enfin, je vous souhaite de bonnes fêtes et mes meilleurs vœux pour cette année 2010.

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Mémoires d’un noël

Posté par LOACMATEO le 18 décembre 2009

Nous avons attendu, nous avons été plus ou moins patient et nous voilà à table. La belle vaisselle est sortie pour l’occasion. Les assiettes bordées d’or, les verres en cristal de différentes tailles, l’argenterie, les décorations traditionnelles en branches et pommes de pins dorées, des colliers de perles ici et là, sur un fond nappé de rouge et de motifs classiques de noël pose le décor que nous reconnaissons tous. La salle à manger est décorée de guirlandes en tout genre, le lustres s’est orné de boules et d’une guirlande étrange, une sorte de volume complexe en suspension. Comme par tradition, ma grand-mère presse la main d’un père noël mural qui se met à entonner une mélodie stridente en se dirigeant vers la cuisine. Une tante lui demande si elle a besoin d’aide mais comme toujours elle ne se permet pas la moindre assistance. Tous les convives restent à table pour commencer l’apéritif. Nous sommes sages et patient tandis qu’un coca remplit nos verres à eaux. Il commence déjà à faire chaud. Le son des discussions s’intensifie et nous commençons à perdre patience devant les innombrables histoires de familles ponctuées de gorgées de vins, de kir, de suze, de porto ou encore de whisky, d’olives farcies aux enchoies ou aux poivrons, de cacahuètes, pistaches, noix de cajou, petits canapés au foi gras d’oie ou de canard, de pâté de lapin au cassis et autres. Lisez la suite de cette entrée »

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